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Un blog d'indignés en Corrèze

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OCCUPY WALL STREET

 

 

 

 
 
Je n'aurais voulu pour rien au monde mettre les pieds à New York. Impossible de comprendre cet attrait pour tout un territoire couvert de béton et s'étirant vers le haut. A vrai dire, comment ne pas considérer ces phénomènes urbains comme l'illustration que l'humain dit "développé", c'est-à-dire soumis au culte du modernisme, se comporte comme un virus qui modifie un corps au point de le rendre malade voire mourant ?


Dans notre cas, le corps en question est la planète Terre. Les villes forment d'énormes furoncles et se développent en métastases à la conquête d'espaces fertiles pour s'y développer et tout infecter. Le symptôme évident est la notion de pollution. La théorie Gaïa éclaire en ce sens suggérant que la planète Terre, dénommée "biosphère" en écologie, ne forme en fait qu'un seul et même corps vivant (complément d'informations : http://www.universalis.fr/encyclopedie/biosphere/3-l-avenir-de-la-biosphere/ article rédigé par Paul Duvigneaud, Maxime Lamotte et François Ramade).  

 

 

Poussé par la nécessité d'améliorer mon anglais trop chaotique à cette époque où les peuples en-dehors des élites se connectent entre eux, et considérant l'écho médiatique des américains d'Occupy Wall Street, il m'a semblé important d'aller comprendre pourquoi et surtout comment, aux pieds des tours de Manatthan, le peuple est en train de réussir ce pari fou de la Révolution pacifique. là où une tentative d'antibiotiques a échoué il y a 10 ans. Comment au sein même du cancer, des anticorps se créent et se développent ? Comment réagit le système immunitaire de l'amour universel ? 


Je foule le béton new-yorkais, en ressentant comme cette capacité de vivre plusieurs vie dans une seule. Ici, tout est à l'opposé des massifs préalpins de Provence.

Auparavant la douane aura jeté les deux pommes bio locales que mon amour d'Emilie m'avait mises de côté et que je conservais précieusement... sans m'avoir préalablement prévenu qu'au nom de la guerre économique aucune denrée végétale ne pouvait passer la frontière. Je m'étendrai dans d'autres articles sur mes avis quant au libéralisme. Toujours est-il qu'au lieu de nous poser des questions aussi surprenantes que stupides telles que "Avez-vous l'intention d'assassiner le Président des Etats-Unis d'Amérique", le service de l'immigration ferait bien de nous prévenir de manger nos fruits et légumes avant notre arrivée. Aussi ce premier pas sur le macadam raisonnait déjà un goût amer en buvant la tasse de la constatation qu'en dictature économique l'affectif et la santé des peuples n'ont strictement aucune considération. Moi qui justement aurais souhaité tout au long de ma visite ne manger que des produits locaux et bio, me voilà injustement puni alors qu'en plus je n'ai pas trouvé grand chose favorisant l'agriculture locale en dehors, c'est certain des Fast-Food, temples des OGM. La belle image. "Nous défendons l'agriculture"... Non, messieurs vous fermez le marché de l'alimentation pour gagner le monopole de l'industrie agro-alimentaire et chimique soit deux belles mamelles qui font en grande partie la puissance des très riches. Car si nous parlons bien d'une agriculture de proximité et de qualité, nous ne pouvons peut être pas parler de désert mais nous sommes loin de l'Eldorado ! En fait, c'est assez simple : on trouve un réseau de producteurs bio organisés en marchés sur plusieurs places de New-York (http://www.grownyc.org/ourmarkets). Mais en décembre rares sont les marchés et les magasins bio sont inexistants. Et côté restaurants bio, ils sont tout aussi rares mais toutefois, reconnaissons ce maigre avantage, plus présents que dans le sud de la France. J'ai testé avec une agréable surprise l'enseigne "Au pain quotidien" : menu très bien et prix très raisonnables (http://www.lepainquotidien.us/). La conclusion  on la connait et elle reste pour l'heure implacable : le bio et le local sont royalement écrasés par la dictature Monsanto / Mac Do. Et pendant que mes deux petites pommes d'amour ont fini à la poubelle sans aucune prévenance, des milliards de tonnes d'aliments ont été importés sur le territoire américain. Quand je pense que mes enfants s'en seraient régalés et qu'on en a fait des déchets en plus...


Oui, Occupy Wall Street et les Indignados du monde entier ont bien raison : il est venu le temps de renverser cette dictature des 1%. Et voilà que si l'écosystème artificiel dans lequel je vais évoluer 10 jours durant m'oblige à une profonde centralisation intérieur, ces premiers pas sur ce béton morbide sont d'une implacable détermination. Les villes sont les symptômes du cancer de notre belle planète et je suis un anticorps parmi plusieurs milliards : nous sommes les 99%.




Boris Aubligine
13 Décembre 2011, New-York

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